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Le surlendemain, nous allâmes jouer au bridge chez les Symmington.

C’était un samedi après-midi et l’étude était fermée. Il y avait deux tables de jeu et nous étions huit : les Symmington, Joanna et moi, Miss Griffith, Mr. Pye, Miss Barton et un certain colonel Appleton, que nous n’avions pas encore rencontré et qui résidait à Combe Acre, un village situé à une dizaine de kilomètres de Lymstock. C’était un homme d’une soixantaine d’années qui se faisait le champion de ce qu’il appelait « un jeu audacieux », tactique qui lui coûtait fort cher, ainsi qu’à ses partenaires. Joanna l’intéressait énormément et il ne devait pas la quitter des yeux de tout l’après-midi. Je reconnais d’ailleurs que ma sœur était sans doute la plus jolie fille qu’on eût vue à Lymstock depuis bien des années.

À notre arrivée, Elsie Holland, la gouvernante des enfants, fourgonnait dans un petit secrétaire, à la recherche de marqueurs, qu’elle finit par trouver. Je la regardai s’éloigner. Elle semblait glisser sur le sol, comme une créature immatérielle. Mais le charme n’opérait plus pour moi et je remarquai qu’elle avait de grandes dents, larges comme des pierres tombales, et qu’elle montrait ses gencives de façon très disgracieuse lorsqu’elle souriait.

Elle parlait à Mrs. Symmington et c’était un flot de paroles :

— Ce sont bien ces marqueurs-ci, n’est-ce pas, madame ? Je ne me souvenais pas du tout de l’endroit où je les avais rangés la dernière fois ! C’est, d’ailleurs, ma faute, j’en ai peur ! Je les avais en main, Brian a eu besoin de moi, je me suis occupée de lui et, en définitive, je ne sais plus ce que j’ai fait des marqueurs. Ce ne devait pas être ceux-ci. Je m’aperçois, en effet, qu’ils sont un peu jaunes sur le bord. J’ai dû mettre les bons dans un coin impossible !… Je commande le thé à Agnès pour cinq heures ?… Je vais emmener les enfants à Long Barrow. Comme ça ils ne feront pas de bruit…

C’était décidément là une jolie fille, et qui avait la tête sur les épaules. Joanna m’examinait du coin de l’œil. Elle riait. Je la regardai très froidement. Saleté de gosse, qui sait toujours les réflexions qui me traversent l’esprit !

Bientôt, nous commençâmes à jouer et je ne tardai pas à savoir à quoi m’en tenir sur la valeur des uns et des autres en tant que joueurs de bridge. Mrs. Symmington, qui adorait le bridge, jouait très bien, avec une finesse instinctive, tout à fait remarquable. Son mari était un joueur de bonne force, un peu trop prudent. Mr. Pye, lui, était plutôt un peu emballé, avec une fâcheuse propension aux annonces hasardeuses. Nous jouions, Joanna et moi, à la table de Mrs. Symmington et de Mr. Pye, cependant que Symmington déployait des prodiges de tact pour maintenir la paix à l’autre table. Le colonel Appleton, ainsi que je l’ai dit, avait tendance à pratiquer « un jeu audacieux ». La petite Miss Barton, incontestablement la plus mauvaise joueuse de bridge que j’aie jamais rencontrée, s’amusait énormément. Elle n’avait pas la moindre idée de la valeur de sa main, ne connaissait jamais la marque, oubliait de compter les atouts et bien souvent ne savait même pas quel il était. Elle résumait elle-même sa conception du jeu en quelques mots : « J’aime le bridge, disait-elle, à condition qu’on ne m’embête pas avec toutes sortes de règles et de conventions, à condition aussi qu’on n’épilogue pas sur ce qui vient de se passer. Après tout, il ne s’agit que d’un jeu ! » On conçoit qu’avec le colonel et Miss Barton, Symmington n’avait pas la tâche facile.

Les deux parties, cependant, se poursuivirent sans accroc jusqu’à l’heure du thé, que nous prîmes dans la salle à manger. Comme nous finissions, arrivèrent en trombe deux garçonnets passablement excités, que Mrs. Symmington nous présenta avec une fierté toute maternelle, sous le regard indulgent de son mari.

Nous allions nous lever de table quand j’aperçus Megan, debout près de la porte-fenêtre.

— Tiens ! dit sa mère. Voici Megan !

Il y avait dans sa voix comme une note de surprise. On eût pu penser qu’elle avait complètement oublié l’existence de sa fille.

Megan entra dans la pièce et, avec sa gaucherie ordinaire, sans la moindre grâce, serra les mains à la ronde.

— J’ai bien peur, ma chérie, reprit Mrs. Symmington, qu’on ait oublié ton thé. Miss Holland a pris le sien dehors, avec les petits, et je n’ai pas pensé que tu n’étais pas avec eux, de sorte que je n’ai pas demandé à Agnès de t’en préparer !

— Ça ne fait rien, répondit Megan. Je vais aller à la cuisine.

Elle sortit, de sa démarche lourde et traînante. Elle était habillée à la diable, comme toujours, et ses bas n’avaient pratiquement plus de talons.

— Ma pauvre Megan ! s’écria Mrs. Symmington en riant. Il faut l’excuser ! Elle est à l’âge ingrat. Les filles sont timides et bizarres quand elles viennent de quitter l’école et qu’il leur reste encore à devenir de grandes personnes !

Joanna rejeta la tête en arrière. Je connaissais le geste. Il annonçait l’offensive.

— Mais, dit-elle, Megan a bien vingt ans ?

— Sans doute, fit Mrs. Symmington. Mais elle est restée très jeune. C’est encore une enfant… Et ça ne me déplaît pas ! C’est si charmant, une petite fille qui ne grandit pas trop vite… Je crois que toutes les mères sont comme moi et qu’elles voudraient toutes voir leurs enfants rester toujours petits !

— Je ne vois pas pourquoi, répliqua Joanna. Imaginez ce que serait une enfant qui aurait grandi et qui aurait conservé la mentalité d’une gamine de six ans !

Mrs. Symmington protesta qu’il ne fallait pas prendre ce qu’elle disait au pied de la lettre et je m’avisai à ce moment que cette femme ne me plaisait guère. Sa beauté anémique devait cacher une nature égoïste et âpre.

— Ma pauvre Megan, ajouta-t-elle, est une enfant difficile. J’ai essayé de lui trouver quelque chose à faire, quelque chose qui puisse s’apprendre par correspondance, comme le dessin de modes, par exemple. J’aurais aimé, aussi, lui faire apprendre la sténodactylographie…

On reprenait place autour des tables de bridge. Il y avait toujours une petite lueur rouge dans l’œil de Joanna.

— J’imagine, dit-elle en s’asseyant, que Megan va commencer à aller dans le monde. Donnerez-vous un bal en son honneur ?

— Un bal ? s’écria Mrs. Symmington, aussi surprise qu’amusée. Mais ça ne se fait pas par ici !

— Je vois. On s’en tient au tennis…

— Le tennis ? Il y a des années qu’on n’a joué sur notre court. Richard ne joue pas, moi non plus. Plus tard, quand les enfants grandiront, nous verrons… Quant à Megan, soyez sans inquiétude ! Elle aura largement de quoi s’occuper ! Elle est très heureuse telle qu’elle est actuellement… Voyons, c’est à moi de parler, je crois !… Deux sans atout !

Pendant le trajet de retour, Joanna, donnant du pied sur l’accélérateur avec une insistance dangereuse, me dit que la situation de Megan lui faisait beaucoup de peine.

— J’ai l’impression, expliqua-t-elle, que sa mère ne l’aime pas.

— Tu exagères !

— Pas du tout ! Il y a des tas de mères qui n’aiment pas leurs enfants ! Megan est un petit être assez singulier, qui apporte dans la maison Symmington un élément qui ne va pas avec le reste. La maison Symmington forme un tout sans elle… et c’est une constatation qui doit être très pénible à une créature ayant de la sensibilité. Et c’est son cas…

Je ne répondis pas. Au bout d’un instant, Joanna se mit à rire.

— Tu n’as pas de veine avec la gouvernante ! fit-elle.

Je pris un air très digne pour lui répondre que je ne voyais pas à quoi elle pouvait faire allusion.

— Ne dis donc pas de bêtises ! reprit-elle. Chaque fois que tu la regardais, le chagrin se lisait sur ton visage. Et je suis bien de ton avis, c’est vraiment une pitié !

— Je te répète que je ne comprends pas.

— Mais, dans le fond, poursuivit-elle, ça me fait plaisir tout de même. Cela prouve que tu reviens à la vie. À l’hôpital, tu m’inquiétais beaucoup. Tu ne paraissais pas t’apercevoir que ton infirmière était très jolie. Le bon Dieu est quelquefois bien gentil pour les blessés.

— Joanna, fis-je, ta conversation me navre !

Sans prêter la moindre attention à ma remarque, elle continua :

— De sorte que j’ai été très contente de m’apercevoir que tu étais encore capable de lorgner un beau brin de fille. Elle n’est pas mal, c’est incontestable. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’elle n’ait pas le moindre sex-appeal. Ça, c’est vraiment bizarre ! Comment se fait-il que certaines femmes attirent les hommes, et d’autres pas ? Comment se fait-il que certaines n’ont qu’à dire : « Quel chien de temps ! » pour que tous les hommes qui sont dans le voisinage accourent à toutes jambes pour discuter de la température avec elles alors que d’autres ne réussiront jamais à attirer leur attention ? Je croirais assez volontiers que le Destin se trompe parfois, au moment de la distribution. Il construit une Aphrodite, et, en principe, lui donne le tempérament convenable. Et puis, un autre jour, il se trompe et il expédie ledit tempérament à une petite joufflue ! Alors, les autres femmes deviennent folles et elles disent : « Je ne sais pas ce que les hommes peuvent bien lui trouver ! Enfin, voyons, elle n’est même pas jolie ! »

— Tu as fini, Joanna ?

— Tu es bien de mon avis ?

— J’admets, dis-je, que cette jolie fille m’a déçu.

— Et je ne vois pas sur qui tu pourras te rabattre ! Il faudra te résigner à faire la cour à Aimée Griffith !

— Dieu m’en préserve !

— Elle n’est pas laide.

— Elle est un peu trop amazone pour mon goût.

— En tout cas, remarqua Joanna, elle a l’air d’aimer la vie. Elle éclate de santé ! Je ne serais pas surprise d’apprendre qu’elle prend un bain froid tous les matins !

— Tu te préoccupes de moi, dis-je. C’est très gentil. Mais toi, que vas-tu faire ?

— Moi ?

— Oui. Autant que je te connaisse, il va te falloir quelque distraction…

Elle poussa un soupir qui eût attendri tout autre que moi.

— Qui est-ce qui dit des méchancetés, maintenant ? fit-elle. Tu oublies Paul.

— Je l’oublierai moins vite que toi, répliquai-je. Dans dix jours, tu me diras : « Paul ? Paul qui ? Je n’ai jamais connu de Paul ! »

— Tu me crois donc si volage ?

— Quand il s’agit de types dans le genre du Paul en question, il y a d’ailleurs lieu de s’en féliciter !

— Tu ne l’as jamais aimé, mais il avait quand même un peu de génie !

— C’est possible, bien que j’en doute. En tout cas, autant que je sache, les génies sont des gens dont il convient de se méfier. De toute façon, tu n’en trouveras pas par ici !

Joanna me regarda un instant, puis dit d’un ton chagrin :

— J’ai bien peur que non.

— Tu seras obligée de te rabattre sur Owen Griffith. C’est le seul célibataire disponible sur la place. À moins que tu ne préfères le colonel Appleton, qui t’a couvée du regard tout l’après-midi !

Elle éclata de rire.

— C’est vrai ! Je finissais par être gênée !

— Ne me raconte pas d’histoires ! Je ne t’ai jamais vue intimidée par le regard d’un homme !

Joanna ne répondit pas. Nous arrivions. La voiture remisée au garage, elle dit :

— Il y a peut-être quelque chose dans ce que tu as dit tout à l’heure…

— Qu’est-ce que j’ai dit ?

— Je ne vois pas pourquoi un monsieur passerait délibérément sur l’autre trottoir pour m’éviter. C’est impoli, pour ne rien dire d’autre.

— Ah ! ah ! fis-je. Tu vas de sang-froid chasser l’homme et l’abattre !

— Je ne dis pas ça ! Mais, enfin, je n’aime pas qu’on m’évite !

Tout en revenant doucement vers la maison, je me permis de donner à ma sœur un petit conseil :

— Laisse-moi te dire une chose, petite fille. Owen Griffith n’est pas un de ces esthètes domestiqués dont tu as l’habitude. Si tu ne te méfies pas, tu vas te fourrer dans un drôle de guêpier ! Cet homme peut être dangereux.

— Vraiment ?

La perspective paraissait l’enchanter.

J’insistai :

— Laisse-le tranquille, va !

— Alors, pourquoi change-t-il de trottoir quand il me voit ?

— Vous êtes bien toutes les mêmes, dis-je en ricanant. Quand vous avez choisi un refrain, on n’entend plus que lui. Je te signale en outre que, si je ne m’abuse, tu devras compter avec l’hostilité d’Aimée…

— Je sais qu’elle me déteste déjà, répondit Joanna.

Elle parlait d’un petit ton réfléchi, mais assez satisfaite évidemment des projets de bagarre qu’elle envisageait.

— En tout cas, dis-je avec fermeté, souviens-toi que nous sommes venus ici pour avoir le calme et la tranquillité et que j’entends que nous les trouvions !

Le calme et la tranquillité, nous n’allions pas tarder à être privés de l’un et de l’autre !

La plume empoisonnée
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